La mosaïque des jeux du cirque

Mosaïque

Datation :
2e siècle

Matière :
calcaire (opus tessellatum ) marbre (opus tessellatum )

Dimensions LxH :
Exterieures : L.4,97 ; l. 3,02

Date et lieu de découverte :
Europe / France / Auvergne-Rhône-Alpes / Rhône / Lyon / Lyon 2e / rue Jarente (18 février 1806)
Découverte à proximité sud-est des rues Victor-Hugo (n° 30) et Jarente (n° 29) par des ouvriers qui faisaient un réservoir à trois pieds de profondeur.

Description

Ce pavement représente un cirque de façon réaliste, mais rien n’indique qu’il s’agit de celui de Lugdunum.
L’espace central (la spina) comporte deux bassins ; à ses extrémités, des bornes demi-circulaires (les metae) supportent chacune trois grands cônes ; au centre, les rangées de dauphins et de boules de bois servent à compter les tours.
Plusieurs moments de la course sont représentés sur le même tableau. Dans la tribune d’honneur, le personnage qui tient une écharpe va la laisser tomber pour donner le signal du départ, tandis qu’en contrebas, un opérateur actionne le dispositif qui ouvre les stalles. Les compétiteurs s’élancent : leurs virages très serrés négociés avec des attelages de plusieurs chevaux (ici des quadriges) nécessitent beaucoup d'habileté et de stratégie. Deux chars se sont renversés dans les virages. Deux auxiliaires isolés galopent près des chars : ce sont des hortatores (piqueurs) chargés d’encourager l’aurige (conducteur du char) pendant la course. Un assistant accourt avec une bassine d’eau (pour rafraîchir les chevaux ou pour les premiers soins ?).
Les quatre couleurs (bleu, vert, rouge, blanc) portées par les auriges représentent les factions, véritables entreprises « employeurs » des cochers et du personnel d'accompagnement. Les factions fournissent également les chevaux et sont les interlocuteurs des magistrats chargés d'organiser les jeux. C’est sur ces couleurs que s’engagent les paris.
Le vainqueur n’est pas encore désigné mais l’issue de la course est déjà évoquée par les deux personnages placés au centre, qui tiennent entre les mains les palmes, insignes de la victoire.

Description scientifique

Cubes de pierre et de marbre dont le plus petit est une tesselle de 0.35 cm de côté, jusqu'à 1,5 cm pour les motifs de bordure. La scène centrale (entourée par une frise de rinceaux d'acanthe typique des mosaïques lyonnaises) un tableau polychrome sur fond noir représentant une course de quadriges (chars attelés de quatre chevaux) dans le cirque (hippodrome). Plusieurs moments de la course sont figurés sur la mosaïque. À gauche, les stalles (carceres) en bois, sont surmontées par une tribune où se tiennent trois personnages. Celui du milieu, le magistrat présidant les courses, donnera le départ en lâchant l'écharpe (mappa) qu'il tient à la main. À droite de la tribune, on voit l’opérateur qui actionne le système d'ouverture des stalles. Le terre-plein central (spina) comporte au centre un obélisque, deux bassins et des dispositifs qui servent à compter les tours (dauphins et poteaux portant des boules). Huit quadriges se sont élancés sur la piste, limitée à chaque extrémité par trois bornes (metae), dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Les cochers portent les couleurs des quatre factions (écuries) : la blanche (albata), la bleue (veneta), la verte (prasina) et la rouge (russata). Deux chars se sont renversés dans les virages. Au centre de la spina, deux personnages tiennent la palme et la couronne qui seront remises au vainqueur. Sur la piste, un personnage (sparsor) tient une bassine d’eau (pour rafraîchir les chevaux, humidifier les essieux surchauffés, ou lutter contre la poussière ?), un autre tient une banderole et un brandit un fouet. En dépit d’une représentation réaliste de l’architecture, rien n’indique qu’il s’agit du cirque de Lyon, dont l’existence est attestée par deux inscriptions.