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Où l’on découvre une drôle de publicité.

Épitaphe de Blandinia Martiola
Épitaphe de Blandinia Martiola Épitaphe de Blandinia Martiola © Lugdunum

Avant de la quitter, il faut user la vie. Le moment d'être sage est voisin du tombeau. André Chénier

Lugdunum, IIe siècle après J.-C. Au bord de la route, une inscription interpelle les passants : « Toi qui lis ces lignes, va aux bains d'Apollon ». La publicité existait-elle déjà au temps des Romains ?

Pour en avoir le cœur net, reprenons l’inscription depuis le début. « Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Blandinia Martiola, jeune femme pleine d’innocence ». Mais de qui parle-t-on ? Les dieux mânes sont les esprits des morts dans l’Antiquité romaine, on peut donc en déduire que Blandinia... est décédée.

Cette stèle, c’est l’époux de la défunte qui l’a commandée. Affligé par sa mort, il lui témoigne ainsi toute sa tendresse. Est-ce que ce n’est pas un peu inapproprié sur le bord de la route ? Pas pour les citoyens romains ! Il était très courant de voir ces monuments aux abords des villes.

Parfois, le mort lui-même prend à parti le passant : « Que ma voix, conservée par ces lignes confiées au marbre, revive par ta voix, qui que tu sois, passant, qui t’arrêteras pour les lire. » Il faut dire que la mort durant l’Antiquité est beaucoup moins taboue qu’aujourd’hui. Chacun y est confronté dans son quotidien.

Ces stèles, loin d’être déprimantes, rappellent aussi aux passants un message tout simple : carpe diem, « cueille le jour ». Autrement dit, avant de finir six pieds sous terre, il faut profiter de chaque instant. Finalement, ces pierres tombales font bien de la publicité... pour la vie ! 

Sous la plume d'Artips

 

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